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Jeudi 21 Octobre 1999.
Une exposition à Paris sur les volcans néo-zélandais, miroirs des profondeurs
DE LA NOUVELLE-ZELANDE, on connaît ces
hommes en noir, hantises des terrains de rugby. Mais qui
connaît Lady Knox ? Cette "dame" est une des curiosités
de l'île septentrionale de cet archipel, appelée aussi l'île
de feu. Car le pays maori est aussi un pays volcans plein d'anecdotes.
Au siècle dernier, des bagnards lavaient
leur linge dans un trou d'eau chaude. En raison de sa viscosité,
le savon qu'ils utilisaient fit monter la pression
et un jet d'eau finit par jaillir, qui éparpilla les vêtements
aux alentours. On installa un tuyau afin de rétrécir le
conduit naturel amenant l'eau chaude à la surface et fabriquer
ainsi un geyser artificiel pour le touriste.
Ce tuyau n'est aujourd'hui plus visible, recouverts
de concrétions de silice mais, une fois par jour, quelqu'un
vient verser de la lessive à l'intérieur. Et Lady Knox
de cracher un jet d'eau de 5 à 6 mètres de haut, pendant
une
heure, pour le grand plaisir des photographes.
De la Nouvelle-Zélande, on se souvient qu'elle
fut le théatre d'un attentat perpétré par les services
secrets français,
mais qui sait qu'Auckland est parsemée d'une cinquantaine de
petits cônes d'origine volcanique ? Le paysage de cette
contrée des antipodes est le témoignage quasi pictural
d'une chimie, d'une alchimie souterraines aux débordements
aussi grandioses qu'impressionnants. Ici, les parois sont jaune fluo
du soufre qui s'y est déposé. Là, dans cette rivière,
des terrasses de silice sont comme autant de marches blanches composant
des mini-cascades.
"LA PISCINE A CHAMPAGNE" Plus loin, c'est
la "piscine à champagne" comme les gens du cru surnomment ce lac
turquoise en ébullition, toujours agité de bulles de
gaz carbonique, dont les franges orangées retiennent des poisons
comme l'arsenic, l'antimoine et le mercure, mais aussi des trésors
comme l'argent et l'or.
"La palette de l'artiste", comme disent les Néo-Zélandais,
s'expriment dans une exposition photographique sur le
volcanisme de ce pays, proposé, dans le laboratoire de minéralogie-cristallographie
de l'université Paris-VII, par
Emmanuèle Pèlegrin, qui termine sa thèse sur les
géomatériaux.
D'un voyage d'études de deux semaines en
septembre 1998, elle revient avec des photos, mais aussi l'envie d'"expliquer
aux gens que la forme des volcans, le paysage qui les entoure, nous
raconte leur origine. C'est le miroir des profondeurs."
La Semaine de la science arrive et rien ne se prépare
dans son labo, qui compte pourtant une centaine de personnnes.
Peu importe. Elle propose son projet d'exposition. Accepté.
Mais elle le finance de sa poche et en fait la présentation, avec
un rare talent de vulgarisation. Car aimer la science ne consiste pas
uniquement à la servir mais aussi à la partager.
Pierre Barthélémy
Samedi 23 octobre, de 11 heures à 18 heures.
Université Paris-VII, 2, place Jussieu, 75005 Paris.
Mardi 19 Octobre 1999.
SCIENCES, Demandez le programme.
Paris.
Le campus de Jussieu ouvre toutes grandes les portes des laboratoires
des universités Paris-VI et Paris-VII et de l'institut de
physique du globe jeudi, vendredi et samedi. Parmi les multiples propositions,
débat : "Que mangerons nous demain?" Centre
d'études du vivant, amphi 24, samedi 23 octobre à 11h.
Exposition photographique guidée : Nouvelle-Zélande,
"miroir des
profondeurs de la Terre", UFR sciences physiques de la Terre, Espace
Jussieu, samedi 23 octobre de 11h à 17h. "L'origine de la
vie", conférence de Marie-Christine Maurel, professeur à
l'université Paris-VI, à l'institut Jacques-Monod, amphi
24, le samedi
23 octobre à 14h. Rens.:www.admp6.jussieu.fr/
et 01 44 27 38 52.